Respiration pathologique et ses caractéristiques

femme qui respire

En médecine , la respiration pathologique est comprise comme un type de respiration altérée déterminée par un état pathologique qui modifie la séquence physiologique des actes respiratoires et leur fréquence. Les modifications respiratoires pathologiques comprennent la respiration de Cheyne-Stokes, la respiration de Biot, la respiration de Kussmaul et la respiration de Fallstaff.

Respiration physiologique

La respiration est un processus physiologique d’importance vitale pour l’être humain, qui comprend une série d’activités utiles pour assurer un apport adéquat d’oxygène aux tissus et l’élimination du dioxyde de carbone produit par le métabolisme cellulaire.


Avec la respiration, un échange gazeux s’effectue essentiellement entre l’organisme et le milieu extérieur.

La respiration est le résultat de deux processus différents : la respiration externe (ou pulmonaire ) et la respiration interne (ou cellulaire )

Respiration pulmonaireRespiration cellulaire
Échange gazeux entre l’air et le sangÉchange gazeux entre le sang et les cellules
Il consiste en un échange quasi simultané entre l’oxygène atmosphérique et le dioxyde de carbone provenant des cellules. Il se produit au niveau alvéolaire où l’oxygène diffuse puis passe dans les capillaires environnants où il se lie au sang qui va le véhiculer vers toutes les cellules du corps L’oxygène, transporté aux cellules par le sang, est utilisé pour l’oxydation des métabolites cellulaires avec la production conséquente de dioxyde de carbone et la formation de composés à haute énergie Le dioxyde de carbone produit dans les cellules passe, par diffusion, à travers la membrane cellulaire dans les capillaires sanguins qui le conduiront jusqu’aux alvéoles pulmonaires, par lesquelles il sera éliminé dans le milieu extérieur

Les mouvements qui permettent au corps d’entrer et de sortir de l’air sont appelés respectivement inspiration et expiration .

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Ces actes ont lieu grâce à la contraction et au relâchement de certains muscles comme le diaphragme qui, en s’abaissant, permet aux poumons de se dilater et, en s’élevant, leur permet de se vider.

Un acte respiratoire est composé essentiellement de la phase inspiratoire (durée : 1,3-1,5 sec), de la phase expiratoire (durée : 2,5 – 3 sec) et d’une pause d’environ 0,5 seconde entre les deux phases. 


Physiologiquement, chez un adulte en bonne santé au repos, la fréquence respiratoire moyenne (nombre de respirations en une minute) varie de 16 à 20.

En dessous de 12 actes par minute on parle de bradypnée, alors qu’on parlerait de tachypnée si les actes par minute dépassent 20. 


Cependant, il est bon de préciser comment la fréquence respiratoire est liée à l’âge et à la fréquence cardiaque.

ÂgeFR (actes par minute)
Bébés30-60
Enfants21-30
Adolescents18-24
Adultes12-20

En plus de la périodicité, la respiration peut subir des altérations plus ou moins graves en fonction de l’amplitude et du rythme. Ces modifications sont le signal d’états pathologiques pouvant affecter une ou plusieurs parties de l’organisme et dont l’étude est fondamentale à des fins diagnostiques et thérapeutiques.

Modifications pathologiques de la respiration

En médecine , la respiration pathologique est comprise comme un type de respiration altérée déterminée par un état pathologique qui modifie la séquence physiologique des actes respiratoires et leur fréquence.

La respiration physiologique, normale et paisible de l’homme est appelée eupnée . D’un point de vue clinique, les symptômes/signes respiratoires qui peuvent être pris en considération pour établir un diagnostic ou pour vérifier le tableau et quantifier les besoins de soins d’un patient sont :

  • Dyspnée : symptôme caractérisé par une respiration laborieuse et difficile. Elle peut être physiologique si suite à un effort physique important, sinon elle est considérée comme pathologique et peut concerner des maladies telles que l’asthme, la pneumonie , l’ischémie cardiaque, la pneumopathie interstitielle, l’ insuffisance cardiaque congestive  , la BPCO , la sténose laryngotrachéale ou des causes psychogènes. C’est ce qu’on appelle la “faim d’air”.
  • Apnée : pas de respiration pendant plus de 15 secondes. Elle peut être : volontaire, pharmacologiquement induite, due à une obstruction des voies respiratoires, pathologique et donc due à une encéphalite, une sclérose en plaques , un syndrome d’apnées obstructives.
  • Tachypnée : se comprend comme une augmentation de la fréquence respiratoire au-delà de 20 respirations par minute. Elle peut être physiologique en cas d’effort physique. Il est possible d’observer ce signe dans : une insuffisance cardiaque, des troubles des centres respiratoires, une pneumonie, des manifestations de douleurs thoraciques, des états fébriles .
  • Bradypnée : diminution de la fréquence respiratoire en dessous de 12 actes par minute, est déterminée par la dépression du centre respiratoire bulbaire. Elle peut être due à : un traumatisme crânien , un accident vasculaire cérébral, un choc, des troubles endocriniens, des troubles neurologiques, l’administration de substances toxiques ou de médicaments.
  • Hyperpnée : à ne pas confondre avec la tachypnée, elle est à considérer comme l’augmentation, en profondeur et en fréquence, de la respiration avec une ventilation pulmonaire conséquente et plus importante. Elle peut être observée à la suite de tensions émotionnelles, d’abus d’alcool et d’efforts physiques. Elle est associée à des pathologies telles que l’acidose métabolique, la sinusite, la septicémie et l’insuffisance cardiaque.
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Souffle de Cheyne-Stokes

La respiration de Cheyne-Stokes , par les médecins qui ont décrit ce phénomène pour la première fois, est une forme de respiration pathologique dans laquelle des apnées de longue durée alternent avec des phases dans lesquelles on passe d’une respiration profonde à une respiration de plus en plus superficielle puis se poursuit par des apnées.

Chaque cycle respiratoire anormal dure d’un minimum de 45 secondes à un maximum de 3 minutes.

Certaines des causes de la respiration de Cheyne-Stokes :

  • encéphalopathies
  • insuffisance cardiaque et autres maladies cardiaques
  • maladies respiratoires
  • hypocapnie et hypoxémie
  • réserve d’O2 réduite
  • coma dû au syndrome mésencéphalique

Cette forme de respiration pathologique survient relativement fréquemment, sans causes apparentes, chez les personnes âgées et chez les sujets stationnés à haute altitude.

Souffle Biot

Décrite par Camille Biot en 1876, la respiration de Biot se caractérise par l’alternance de 4 ou 5 respirations rapides d’égale profondeur avec des phases d’apnée de durée variable.

C’est un indice pronostique très grave de souffrance majeure du centre respiratoire bulbaire. Elle est classée par certains auteurs distinctement de la respiration ataxique, qui implique des respirations plus irrégulières suivies dans tous les cas d’apnée, est associée à un asynchronisme des contractions des muscles intercostaux et du diaphragme, qui sont dans la phase respiratoire opposée

Parmi les causes pathologiques de l’haleine de Biot :

  • tumeurs intracrâniennes
  • méningite
  • encéphalite
  • œdème cérébral
  • infections
  • accident vasculaire cérébral

Souffle Kussmaul

Décrite par Adolph Kussmaul en 1800, la respiration de Kussmaul se caractérise par des respirations lentes avec des inspirations profondes et bruyantes suivies d’une courte apnée inspiratoire, se poursuivant par une courte expiration gémissante avec une longue pause post-expiration.

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Elle est généralement associée à une acidose métabolique sévère  , comme dans le cas du diabète sucré décompensé (acidocétose diabétique).

Autres causes pathologiques du souffle de Kussmaul :

  • urémie
  • lésions mésencéphaliques
  • intoxication à l’éthanol
  • hypoxémie
  • changements d’électrolytes

Je respire Fallstaff

Contrairement aux autres formes pathologiques d’haleine, l’haleine de Fallstaff tire son nom d’un personnage non réel, décrit comme très en surpoids et aux ronflements résolument bruyants, inventé par Shakespeare pour sa pièce “Henry IV” en 1956. 


Ce schéma respiratoire est en effet typique des sujets obèses.

Pendant le sommeil, du fait de la position, chez l’obèse, il se produit une modification de la structure musculo-squelettique qui conduit le pharynx à s’effondrer, provoquant ainsi une obstruction partielle ou totale au flux d’air qui devient plutôt turbulent et génère ainsi le ronflement particulier.

Le sujet, suite à l’obstruction du flux d’air, se réveille, quoique pour quelques secondes, ou ronfle avec plus de force, avec le problème qui revient assez souvent pendant le sommeil, jusqu’à des centaines de fois.