acrochordon

Les acrochordons et vous : un guide pratique pour la gestion et le traitement

Temps de lecture :3 Minute, 28 Seconde
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En tant que médecins spécialisés en dermatologie, nous sommes régulièrement consultés par des patients présentant des acrochordons, également appelés molluscum pendulum. Ces excroissances cutanées bénignes, parfois disgracieuses, suscitent de nombreuses interrogations que nous allons aborder dans cet article rédigé spécifiquement à destination du grand public.

Qu’est-ce qu’un acrochordon ?

L’acrochordon se présente comme une petite excroissance molle de la peau, de taille variable, le plus souvent située dans les zones de plis cutanés (cou, aisselles, aines…). Sa surface est lisse, son contour arrondi. De couleur chair ou légèrement plus foncée, cette formation cutanée pendule vers l’extérieur, d’où son appellation de “verrue pédiculée”.

Il est important de ne pas confondre l’acrochordon avec d’autres lésions fréquentes :

  • La verrue est plus dure, rugueuse, et s’enfonce dans l’épiderme.
  • Le grain de beauté est souvent pigmenté contrairement à l’acrochordon.
  • Le molluscum contagiosum est une infection virale très contagieuse.

Le diagnostic d’acrochordon doit être confirmé par un dermatologue avant d’envisager un quelconque traitement.

Les causes de l’acrochordon

Les causes exactes de l’apparition des acrochordons restent inconnues à ce jour. Cependant, certaines populations semblent plus à risque :

  • Les personnes en surpoids/obèses : l’excès de plis cutanés favoriserait leur développement.
  • Les seniors : le vieillissement cutané y prédisposerait.
  • Les diabétiques : on observe une prévalence accrue chez ces patients.
  • Les femmes enceintes : les acrochordons seraient plus fréquents durant la grossesse.
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Par ailleurs, des facteurs génétiques pourraient expliquer la survenue d’acrochordons au sein de certaines familles. Leur croissance serait également stimulée par des frottements répétés de la peau.

Faut-il retirer les acrochordons ?

Puisqu’il s’agit de lésions bénignes, l’ablation des acrochordons ne répond pas à une nécessité médicale. Néanmoins, il peut être recommandé de les retirer dans certaines situations :

  • Localisation à un endroit de frottements (ceinture, bretelles…)
  • Gêne esthétique importante
  • Risque de traumatismes répétés avec saignements

La décision relève avant tout d’un choix personnel du patient. Un acrochordon isolé de petite taille ne justifie pas forcément une ablation. En revanche, de multiples lésions volumineuses motivent plus facilement cette démarche.

Comment se débarrasser des acrochordons

Les méthodes à domicile

Certains petits acrochordons peuvent être retirés à domicile, avec précaution. Les techniques les plus répandues consistent à :

  • Ligaturer la base avec un fil non traumatique. La lésion finit par tomber en quelques jours.
  • Appliquer de l’azote liquide en vente libre en pharmacie. Cela “brûle” et momifie l’excroissance.

Attention toutefois à bien respecter les notices d’utilisation et à ne pas traiter de gros acrochordons, au risque d’échec ou d’effets secondaires.

Les traitements chez le dermatologue

Les dermatologues disposent de techniques plus efficaces pour venir à bout des acrochordons rebelles :

  • Cryothérapie à l’azote liquide sous contrôle médical.
  • Électrocoagulation par aiguille chauffante.
  • Cautérisation au bistouri électrique.
  • Excision chirurgicale pour les lésions très volumineuses.

Le choix se fait selon la taille et la localisation des acrochordons. Une anesthésie locale est souvent pratiquée. Plusieurs séances peuvent s’avérer nécessaires en cas de lésions multiples.

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Les erreurs à éviter

Les remèdes de grand-mère inefficaces

De nombreuses astuces “maison” pour venir à bout des acrochordons circulent sur internet. Malheureusement, la plupart sont inefficaces voire dangereuses :

  • Vinaigre de cidre : sans effet prouvé.
  • Bicarbonate de soude : risque de brûlure cutanée.
  • Huile de ricin : peut provoquer des réactions allergiques.

Nous déconseillons vivement l’usage de tels produits sans avis médical au préalable.

Les techniques dangereuses

Certains internautes préconisent l’ablation “maison” des acrochordons à l’aide de ciseaux ou de pince à épiler. Outre l’extrême difficulté de la méthode, les risques encourus sont multiples :

  • Saignement abondant
  • Infection de la plaie
  • Cicatrices disgracieuses

De même, toute automédication hasardeuse est à proscrire. En cas de doute, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre dermatologue traitant.

En conclusion, les acrochordons sont des lésions cutanées fréquentes et bénignes, ne présentant pas de danger vitale. Leur ablation relève d’un choix personnel du patient, après avis éclairé du corps médical. Les traitements sont divers, allant de la ligature simple à domicile jusqu’à l’excision chirurgicale en milieu spécialisé.

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